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Philippines 2012

 

Philippines 2012.

ecrit par Georges Quivole

Philippines 2012.

Ronda, Léona’s House, novembre 2012.

Après une intéressante soirée passée à découvrir quelques aspects typiques de la vie nocturne de Manille et une visite dans un de ses nombreux ‘’parcs à thème’’, comme Stan les nommes, ou l’on peut trouver des hôtesses très aimables, curieusement très peu vêtues sauf pour leurs pieds fourrés dans des bottes à talons manifestement inconfortables et incontestablement inutilement chaudes pour le pays, nous avons repris l’avion pour l’île de Cebu.

L’ulm doit y être basé, de plus, Stan possède y une maison dans un petit village du sud de l’île, Ronda. Très joli vol au-dessus d’îles fabuleuses, de lagons colorés, de végétation évidemment exubérante qui escalade de beaux cônes volcaniques, exactement ce à quoi on peut s’attendre dans ces contrées mais à la hauteur des expectatives. A l’arrivée à Cebu c’est déjà la nuit. Elle tombe toute l’année vers six heures dans cette partie du monde. Stan récupère sa voiture, une riche idée d’en posséder une et c’est parti pour un long périple, d’abord récupérer son associé, JP, de l’autre coté de Maktan, l’île de l’aéroport, ensuite nous passons à l’ancien bureau qui va devenir la base logistique de l’activité ulm puis nous passons rencontrer des ex (de frais) employés pas loin des nouveaux locaux de la nouvelle boite au centre de Cebu city, enfin nous partons vers le sud dans la nuit d’autant plus noire que la caisse à Stan possède des vitres ultra fumées, t’as l’impression de conduire avec un masque de soudeur sur la tronche. Le trafic est comme prévu ultra dense, des gros bus et des camions qui foncent, des tricycles taxis à pédales qui rament, des vélos sans lumière, des petites motos side-car emménagés en taxis sur lesquels on s’entasse à huit, des minibus construits à partir de vieilles Jeeps récupérées sur les bases américaines, rallongées, customisées, superbes, les ‘’Jeepneys’’.


Il y a des milliasses de chiens nonchalants qui se prélassent sur la route, pourquoi ils s’acharnent à se coucher dessus entre deux passages de bagnoles mystère. Plein de gens papotent, assis sur le bord de la chaussée, dos tournés au trafic avec un total mépris du danger, mêmes des bébés traînent la ! Stan fonce, les yeux écarquillés pour essayer de distinguer quelque chose à travers son pare-brise sombre, il a adopté une méthode de conduite qui consiste à signaler son approche en pianotant de longue sur son klaxon, toutes créatures sourdes en général et les chiens en particuliers y risquent leur vie et la perdent de fait souvent. Brèfle, le trip zenifiant au possible…
La maison de Leona et Stan est agréable, presque entièrement construite en matériaux traditionnels, bois, bambous et feuilles de palmes sur le toit, nul besoin d’air-con, l’air circule partout, j’aime…Elle est à deux pas de la mer toujours chaude, bien plus que l’eau de la douche.
Il y a des dizaines de geckos qui se disputent bruyamment les meilleurs emplacements de chasse autour des lampes perpétuellement allumées pour éloigner les nombreux fantômes qui guettent dans l’ombre…Pas trop de moustiques, quelques mouches collantes parfois, ça va…Hélas le voisinage est rempli de coqs égosilleurs pires que dans un Tex Avery, les Philippins adorent ces bestioles, aujourd’hui nous sommes passés à coté d’un rassemblement festif ou les locaux les poussent à s’écharper en pariant gros sur leurs champions. Ca manque un peu de bêtes tropicales, pas un varan visible, ni singe, ni serpent, ni oiseau bigarré…A peine quelques beaux crapauds (bof) qui gambadent sur la pelouse la nuit tombée. Nous faisons des balades en voiture pour découvrir des spots posables en hydro, nous nous baignons beaucoup, nous louons des pirogues à balancier (bancas) pour faire des promenades en mer, nous mangeons des poissons grillés, des mangues parfaites, nous buvons des bières le soir aux terrasses des troquets en bord de plages au milieu de filles avenantes, la dure vie des glandeurs européens sous les tropiques.





Malou la délicieuse petite sœur de Leona et Andréa la cuisinière nous mitonnent des plats somptueux, heureusement pas trop caloriques, quand même j’ai réussi à imposer que nous laissions au moins passer le repas de midi histoire de pas nous boudiner plus que ça…


Calliopi’s Café, Marigondon Crossing, Lapu-Lapu city, lundi 26 novembre 2012.
Bon, résumons. Ca fait des jours que j’ai plus rien écris dans ce journal et il s’en est passé.
D’abord, pour terminer notre petit séjour à Ronda, mon habituelle petite grippe tropicale des air-con’s s’est déclarée, j’ai bien cru qu’elle allait me pourrir la suite du séjour.Heureusement l’Actifed local semble d’une efficacité redoutable, mon avis est que ça doit pouvoir traiter un buffle…Nous sommes restés at Leona’s jusqu’à vendredi, le container ayant emprunté un cargo peut être à pédales vu sa lenteur. Nous avons donc du continuer de nous faire des petites virées en moto, nous laisser nourrir par Malou et Andréa, nous baigner dans des eaux chaudes et surnaturellement transparentes, boires des coups dans des bars relax sur la plage en papotant avec des créatures de rêve…

Vendredi matin enfin, retour vers Cebu City pour enfin récupérer le container. Pour une fois, grâce à un timing incroyablement précis nous choppons le camion juste quand il sort du port. Nous voilà partis à traverser toute la ville vers le spot, un endroit nommé fort à propos ‘’Air Parc’’. L’assistant du chauffeur du camion doit écarter les milliers de fils électriques trop bas qui barrent la route au mieux avec un bâton, au pire à la main au péril de sa vie. grillera, grillera pas, suspense.
L’Air Parc est un chantier naval qui appartient à un Américain, Scottie, fils d’un des milliers de GI’s qui ont séjournés aux Philippines. Son business c’est de trimbaler les touristes du ‘’Shangri-la’’, un ‘’resort’’ de luxe, en parachute ascensionnel. Le lieu est un peu délabré mais gratos et bien équipé en outillage. En plus il y a une quinzaine d’ouvriers efficaces drivés par un Luis énergique, le container est déchargé en un temps record, tant mieux, personnellement ma fin de crève et la chaleur combinées me coupent tout début d’envie de me bouger…

Pourtant nous avons attaqué et terminé le montage de l’empennage. Premier problème un ridoir de tension est naze, tordu à 45°, va falloir en trouver un quelque part. Pour fêter ça nous sommes allés manger chez Alex, sur la terrasse de l’immeuble ou Stan loue un studio et ou nous dormons confortablement dans un raffut du diable, celui du trafic intense plus…les coqs, même ici en pleine ville ils sont légions…Ensuite nous allâmes écluser quelques bières dans un ‘’lieu’’ ou des filles peu vêtues dansent mollement sur une scène sans aucun zèle à l’exception de Amber qui y met du cœur, sans nécessité vu que l’endroit est quasiment vide. Les autres font ce qu’ils peuvent pour me pousser dans ses (minuscules) bras, je résiste courageusement… L’épuisement réel après cette rude journée nous fait collapser assez vite…

Samedi.
Nous avons fini le montage avec René, pendant que Stan courrait les shops pour trouver tout ce qu’il manquait : ridoir, gonfleur pour les flotteurs, bricoles diverses…Nous nous sommes fait bouffer les pattes par des petits moustiques diurnes terribles, pas dérangés par la lumière du coup tu réalises pas l’intensité de l’attaque ! Il faisait une chaleur à crever mais ça y est demain nous essayons ! L’ulm a été porté jusqu’au bord de l’eau par quinze Philippins enthousiastes, le Sky s’est retrouvé avec plein de jambes et il s’est mis à marcher, excellent !

Pour fêter ça nous sommes allés boire des bières dans un petit bar karaoké sympa, plein de filles légèrement vêtues, accueillantes et chantantes, mignon…

Dimanche.
Nous avons encore bossé dur pour fignoler la préparation, régler le pas de l’hélice, finir le gonflage des flotteurs, démarrer, découvrir que un carbu dégorge de l’essence, démonter, nettoyer, remonter tout ça…Après nous avons à nouveau sollicité les ouvriers pour un dernier portage jusqu’à la flotte et le Sky s’est retrouvé à flotter gracieusement.Hélas le vent et surtout le clapot étaient forts il fallait attendre…
Attendre tu parles ! Le Stan trépignait sur la plage tel un héron devant un aquarium rempli de grenouilles !
C’est parti, il n’y tient plus, il s’installe aux commandes, le moteur déjà chaud démarre impec et propulse le Sky vers le large et le clapot. Hélas la brise est soutenue, rien à faire, l’ulm refuse de virer vent arrière pour pouvoir partir vers des eaux plus calmes. Stan insiste, traverse une première vague, une deuxième, des litres d’embruns sont soulevés et partent dans l’hélice, le bruit des pales à l’agonie déchire nos oreilles et nos âmes sensibles…Stan finit par couper le moteur pour se laisser dériver vers nous…L’état des pales confirme le bruit, elles ont salement morflé, c’est pas la cata totale mais elles supporteront pas longtemps ce genre de traitement, il faut attendre…
Nous partons boire une bière et grignoter des brochettes dans les paillotes du bord de mer, les heures passent et le vent faiblit pas…Puis l’idée jaillit : et si on louait un bateau pour remorquer l’ulm en eaux calmes ?

 

 


Aussitôt dit…Nous affrétons une superbe ‘’banca’’, sorte de grande pirogue à balancier de bambous portant un grand plateau, des bancs surmontés d’un grand tau pour se prélasser à l’ombre, génial. Nous y attelons le Sky et vogue la galère !

Nous le larguons derrière un grand épis, plus de gros clapot, parfait.
Stan un chouia stressé quand même décolle sans problème et c’est le premier vol enfin, les Philippins en sautent d’enthousiasme, c’est l’événement local, c’est vrai que c’est beau ! Deux ou trois passages et déjà il doit se reposer, la nuit et un orage approchent…
Pour fêter ça nous finissons après le resto au centre de Cebu City à Mango Bay, une place chaude entourée de vraies boites laserisée, hyper sonorisées, designs supers puis dans des bars avec des billards et des filles accueillantes, peu vêtues mais ‘’présentées’’ en brochettes par des chefs, fringuées elles en noir, étrange…

Lundi.
Nous bossons avec René toute la matinée pour régler encore quelques détails pendant que Stan et J.P. s’occupent de problèmes logistiques dans leurs nouveaux locaux avant leur départ. L’après midi, visite de Malou la gentille qui vient charger la valise de Stan de stuff pour Leona. La météo est plus clémente, Stan trépigne d’envie de revoler avant son départ…
Moins de clapot cet après-midi, plus besoin de louer un bateau pour se dégager. Stan part voler sans trop de problèmes ce coup-ci, il a l’air de se régaler. Au tour de René qui en meurt d’envie. Il décolle impec, sourire jusqu’aux oreilles, et il vole, vole, on peut plus l’arrêter ! Il se pose parfaitement, une vraie démonstration d’amerrissage ! Du coup le Stan repart pour un bon tour. Il se pose, la nuit n’est plus très loin, il faut encore rincer la machine avec une sorte de Karsher improvisé avec le compresseur, un pistolet à peinture et un bidon de flotte…
Pour fêter ça…pas de bar louche, Stan et J.P. prennent l’avion à 22h, à la place nous partons nous gaver de délicieuses grillades de porc et de poulet dans des bouibouis en buvant de la bière, repas à 99% non végétarien mais quelle barbaque ! J.P subit un début d’attaque de PASS, le fameux Post Asian Stress Syndrome, il faut presque l’extraire de force de la voiture devant l’aéroport…

 

Mardi.
Nous bossons dur toute la matinée, surtout René, pour réparer l’hélice achevée par les vols de la veille, je fignole le réglage une dernière fois et nous voilà fins prêts pour tenter notre premier vol en double. Afin de s’éviter toute enclapotade excessive nous poussons le Sky en marchand au fond de l’eau. Le fond est inégal mais on a pied sur des kilomètres. Nous démarrons sur de l’eau presque plate, taxiage pour avoir de la place devant, plus aucun clapot et du vent, le bonheur du pilote hydro. René te nous balance la puissance, le Sky monte au surf sans problème, juste à corriger un début de décro de second régime du à un manque de netteté du palier d’accélération, rends la main, làààààà…ça y est, nous volons pour de bon !
Hé bé c’est un peu beau, des hauts fonds superbes, plus loin le bleu foncé des eaux profondes au-delà des tombants, des îles à perte de vue, houah ! Le paysage tropical parfait, des lagons, des mangroves, des grandes bancas pleines de touristes plongeurs, les plus petites des pécheurs…Par contre la température de l’huile arrête pas de monter, il faut rentrer mais quel beau vol ! Pour fêter ça nous allons dîner dans un somptueux resto philippin avec cuisine ouverte au centre de la salle immense, toute en bois, des grillades parfaites, le riz à l’ail moelleux…Nous nous terminons au Frolic, ce qui veut pas dire que nous consommons des croquettes pour chat, non c’est bien d’un bar qu’il s’agit, plein de filles peu vêtues et indulgentes pour nos vieilles carcasses puisqu’elles entreprennent de nous masser le dos,
à quatre, dés que nous sommes assis…

Mercredi.
Nous essayons d’améliorer le refroidissement de l’huile en changeant le radiateur de place, pour qu’il soit mieux alimenté en air. Nous repartons pour un nouveau vol d’essai, si ça marche nous ferons un long vol, histoire de vérifier si le paysage plus loin est prévisiblement le même qu’ici : eaux claires, récifs, corail, eaux profondes bleu foncé, bancas, cocotiers, la routine tropicale quôa…René, optimiste a rajouté du pétrole…hélas rien à faire, l’aiguille de tempé d’huile s’acharne à grimper vers des zones dangereuses. Seulement nous sommes bien loin de la maison maintenant ! Il faut se poser et vite …Tu sais quoi ? Même pas un début d’angoisse, c’est un hydro, nous pouvons nous poser partout ! Nous choisissons des hauts fonds transparents et calmes en direction d’un petit village de pécheurs, plein de bancas amarrées devant. Joli splash un brin vautré mais ces flotteurs pardonnent tout, cinquante centimètres d’eau en dessous sur un herbier marin, quelques palétuviers épars percent la surface, une future mangrove ?




Nous taxions derrière trois bancas de pécheurs qui nous indiquent la meilleure route pour éviter l’échouage, devant le village nous zigzaguons entre les bateaux pour garer l’ulm, des villageois sont occupés à ramasser des étoiles de mer échouées par centaines dans une eau à 45°. Juste le temps de faire quelques photos et déjà il faut repartir, la marée continue à descendre et nous risquerions de rester coincés ici…



Nous nous laissons carrément dériver vers le large, poussés par une bonne brise, allongés sur les flotteurs jusqu’à avoir l’espace suffisant pour redécoler. Le moteur à refroidit, c’est parti.
Décidemment ça chauffe, sur le trajet de retour nous dépassons encore les 120°, va falloir faire quelque chose…
Pour fêter ça…nous allons dîner à Cebu City, nous voulons trouver le ‘’Macaron Tango’’, une pâtisserie française tenue par un Rémi, ami de Stan. Nous dînons comme d’habitude très bien, Philippin bien sur, puis nous allons nous gaver de desserts réellement délicieux chez le Rémi.
Pas de vrai stop dans un bar louche ce soir, Juste une bière bue à une terrasse de Mango Place, partagée à part égale entre des filles peu vêtues, genre de ‘’piranhas’’ à la Brésilienne et les moustiques. Les deux sont également accueillants, bizarrement seul les seconds nous font fuir…

Jeudi.
Il faut tenter quelque chose…Une belle cogitation nocturne m’a emmené à la conclusion qu’il faut fabriquer une écope pour forcer l’air sur le radiateur. En plus nous allons compléter le plein d’huile à bloc, je me souviens d’avoir eu un excès de chauffe du à un niveau trop bas.
Quand tout est prêt René pars essayer en solo, autant ménager le moteur s’il chauffe toujours, consigne : voler longtemps pour voir ce qui se passe. Il revient après une heure de balade, tout joyce, ça ne chauffe plus ! Génial ! Nous partons voler à deux pour confirmer.
Et je te vire autour des iles paradisiaques, et je te fais coucou aux plongeurs coréens sur leurs bancas blanches, nous posons sur la plage d’une île de pécheur. Des dizaines de mioches ravis nous accueillent, nous escortent dans un tour de leur village. Nous repartons…Re-posé avec échouage sur la plage blanche d’une mini île ou des taiwanais se gavent de fruit de mer et de poissons grillés. Nous arrivons à gratter deux assiettes arrosées par une petite bière fraîche…
Paaarrfaaiiit ! Landau, un musicos qui pousse la sérénade pour les touristes nous fait visiter le village. Comme l’adition est un peu salée nous n’avons pas assez de fric pour payer, pas grave nous reviendrons demain…
Pour fêter ça, le soir, nous stoppons dans un bar qui n’en est pas vraiment un mais plutôt un vrai bordel ou on nous propose d’entrée un salon privé, qu’on peut remplir à convenance de filles sublimes, même pas possible de boire une bière au comptoir. Le gag c’est que l’endroit est absolument vide et que les filles roupillent, affalées sur les banquettes, même la patronne en écrase sur le comptoir, tête posée sur ses bras en croix.
Nous fuyons…Nous tentons à nouveau notre chance dans le karaoké le plus proche de la maison mais nous nous faisons refouler, no, no, japanese only, no good for you…Ben merde alors…Nous n’insistons pas, allons nous coucher, de toutes façons vannés nous sommes…
Quelle bonne journée.

Vendredi.
Aujourd’hui grande première, c’est le jour ou nous allons pouvoir voler sans bricolage préalable tout fonctionnant enfin impec’. L’idée est d’atteindre la grande île au sud-est, qui a l’air beaucoup plus sauvage…
Nous changeons par précaution le deuxième scotch de protection en plastique qui recouvre le premier en alu car il commence à friper. Nous taxions après notre traditionnelle poussette d’après clapot, tiens un des allumages n’est pas très net, sans doute un peu d’humidité…Un deuxième test et ça a l’air ok. Nous nous alignons face au vent soutenu, un petit clapot idéal frisotte la mer, ça va décoller à l’aise…
Ben non, ça décolle même pas du tout, le bazar semble manquer de tours, impossible de l’accélérer assez pour le sortir de la flotte…Retour vers la plage, le René est un peu mortifié. Je fais un test allumage, le moteur a carrément perdu un de ses deux circuits, pas la moindre ratée, une coupure franche, il ne tourne plus que sur un circuit. Et meeerdeee !
Au sec nous découvrons que l’impossibilité de décoller n’est pas due à la panne d’allumage, en fait le scotch en plastique s’est complètement décollé, sûrement car nous n’avons pas pris la précaution de nettoyer la vieille colle, et le rendement des vingt centimètres de bout de pale, la partie primordiale d’une hélice était complètement perturbée, elle ne risquait pas de nous tirer assez pour nous faire voler…
Malgré ça nous ne pouvons voler avec un seul allumage et prendre le risque de devoir se poser et attendre des secours si le deuxième tombe en panne. Nous testons tout ce que nous pouvons tester et la conclusion s’impose : la panne est sérieuse, bien au-delà de nos possibilités d’intervention limitées.
En plus il faut aller payer nos dettes sur l’île de Goahagan. Il nous reste plus qu’à louer une banca !
En attendant nous rentrons l’ulm dans le hangar. René nous trouve deux plaques en fer pour improviser des luges que nous attachons sous les flotteurs pour haler le Sky avec la voiture au plus proche du hangar. Ensuite les ouvriers se chargent de le porter à l’intérieur, ouf !

Juste à temps, notre banca est la. C’est une grande, au moins quinze mètres, bien motorisée, elle fend le clapot à vingt nœuds, à l’aise…Le pilote doit faire un immense détour pour contourner les plateaux de hauts fonds qui affleurent à marée basse. C’est très beau, superbe balade, c’est le pied ce grand bateau superbe que pour nous…

Pour débarquer sur l’île nous devons louer une autre mini banca, la notre peut pas approcher à moins d’un kilomètre, ça commence à faire chérot pour payer une dette de 10 euros…Nous nous en acquittons auprés de Landau, tout étonné de nous voir sans ulm, nous buvons des bières fraîches mais bien trop chères, rené achète deux jolies petites guitares (trop chères) pour ses minots…Avant de partir on nous réclame une …taxe de séjour ! Je commence à la trouver plus du tout paradisiaque l’ile, ils vont finir par compter nos pas et nous les faire payer !
Au retour nous rinçons le Sky à fond vu qu’on va l’abandonner la pour deux mois…
Quand nous partons il fait nuit. Pour fêter ça nous allons manger très bien dans un resto philipinno-chinois, puis trop vannés par l’excès de soleil pour traîner dans des bars louches nous rentrons nous pieuter.

Samedi.
Une dernière visite à l’ulm pour vérifier une possibilité de panne qui m’est revenue dans la nuit, dire au revoir à tous les ouvriers…La délicieuse Malou, son frère John-John et un chauffeur viennent récupérer la voiture en début d’après-midi, ensuite il n’y a plus qu’à poireauter pour l’avion de Manille vers 18 heures…Nous commençons à ressentir à notre tour une attaque de PASS…

Manille.
L’hôtel Townhouse réservé par Internet est un vrai Guest House à routards, et pas que des jeunes, certains doivent sillonner l’Asie depuis cinquante ans ! la gentille Joana à la réception est un peu effarée de notre idée saugrenue de réserver par Internet. Elle finit par en retrouver une trace, découvre qu’elle a aucune chambre qui correspond à notre demande, improvise un jeté de matelas par terre pour nous dépanner en promettant que ‘’tomorrow you change’’...
Bien sur nous ne pouvons prétendre à aucun discount car avec cette saloperie de réservation ‘’on line’’ le prix, bien plus cher que celui affiché à la réception, ne peut être modifié, diverses com’s obligent. Merci Internet !
Petit tour à Makati juste pour dire, une seule bière consommée sagement dans un bar ouvert sur la rue et dodo. Très bon dodo, le lieu est incroyablement calme, en retrait du boulevard et y’a pas un coq !
Par contre je découvrirai que j’ai nourri des habitants locaux, je vais me taper une bonne semaine de grattage intense, sûrement pas des moustiques…

Dimanche.
Manille, dernier jour Philippin.
Nous visitons la vielle ville, enfin le peu qu’il en reste. Elle a été détruite tous les cinquante ans en moyenne par des tremblements de terre puis une bonne dernière fois par la guerre du Pacifique quand les Philippines étaient américaines…
Le soir nous découvrons un autre quartier chaud, Malate. Avantage sur Makati, il y a plus de bars ouverts sur la rue, pas que des clubs fermés et plein de vrais restos dont le fameux Aristocrat, comme son nom ne l’indique pas le lieu n’a rien de select, c’est un gigantesque resto ou les serveurs communiquent par radio, les tables se renouvellent en permanence, il semblerait que c’est un des temples de la vrai cuisine Philippine et c’est putain de bon ! Excellent quartier, plein de bars, d’animation, en plus tous les bons budgets hôtels sont la, il faudra descendre la à notre prochaine visite…
Un typhon approche des Philippines. Hélas il arrive par le sud est, il ne nous empêchera pas de rentrer, en plus Cebu est pile sur sa trajectoire, détruira la maison de Stan ? Le hangar avec l’ulm dedans ? Suspense…

Dimanche.
Décollage dés l’aurore, nous passons par Pékin. C’est moche vu d’en haut et c’est glacé, les rivières, les rizières sont gelées…Il fait 1° au sol, déprimant…Le grand vol de retour passe par le lac Baïkal puis survole toute la Sibérie, frôle le cercle polaire, le paysage est sublime et terrifiant, des fleuves gigantesques et glacés, des forêts figées par le gel, brrr…
A Paris nous avons à peine le temps de sauter dans le RER pour filer à Orly…Quel retour parfait pour se demander ce qu’on fout la…
Nous débarquons à Marseille après plus de vingt heures de voyage, Thierry est la, le bras en écharpe, il fait pas trop froid, nous tombons de sommeil…

Jorje, 3 décembre 2012.