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Philippines 2012

 

Philippines 2012.

ecrit par Georges Quivole

6 Fevrier 2013 (mercredi)
Anoop Guest House, Pahar Ganj, Delhi.

Le voyage sans problème. J’ai récupéré Fifille à sa descente d’avion à Roissy. Plus eu qu’à attendre notre vol pour Delhi sur Air India pas trop fatigant. Seul gag, les grosses turbulences à l’arrivée rendent malade notre voisin, un gros français très vert, mais vraiment vert, juste avant qu’il parte gerber.
Paysage somptueux au petit matin au dessus des montagnes afghanes enneigées, féerique.
A Delhi, les problèmes commencent dès l’aéroport : pas moyen de retirer du fric avec ma carte VISA ! Heureusement celle à Marina fonctionne Par contre, c’est clean. Plus de rabatteurs harceleurs et pour partir d’ici, il y a un métro tout neuf.
Marina a droit à son baptême en Rickshaw à la sortie de la gare, elle est un peu tendue quand le chauffeur se jette dans le trafic !
Il vient de pleuvoir, Pahar Gang, un des bazars où sont situés les hôtels pour routards est immonde, boueux, glissant, pas très engageant...J’ai du mal à reconnaître les lieux, je découvrirai pourquoi plus loin.
L’hôtel Vishal pourtant mentionné dans le Routard est minable, chambre sombre et moite mais spacieuse. Nous chercherons mieux quand nous aurons des sous.
Balade à Old Delhi, visite de la vieille mosquée en grès rouge, immense.
Nous mangeons chez ''Karim'', génial resto muslim multisalles derrière la mosquée, des viandes épicées, cuites au tandoor, un four en terre/pierre avec l'ouverture au dessus, parfaites… Ensuite métro jusqu’à Connaught Place pour essayer de retirer du fric, impossible, ma carte est morte… Ça commence très mal, ça c’est la vraie tuile…

Jeudi – Vendredi
Après avoir bataillé au téléphone, (merci Skype), tout mercredi pour obtenir que l’agence de la SMC à Aix intervienne auprès de Visa sur les conseils éclairés et utiles d’une délicieuse employée de la branche locale de HSBC, nous recevons un mail dans l’après-midi, nous disant que tout devrait être rentré dans l’ordre… Nous attendons jeudi matin et oui, ça fonctionne! Pourvu que ça dure ! Pour fêter ça, nous changeons d’hôtel pour l’Anoop, à 30 mètres de l’autre, plus joli, aéré et surtout moins cher, avec une connexion Internet correcte!
Après-midi. Nous déjeunons au Green Chili, excellent resto, un peu ''cher'', 14 euros pour deux… Ensuite, nous résistons à la sieste qui risquerait de se prolonger jusqu’au soir et nous partons visiter le Red Fort, ancien palace forteresse des rois Moghuls. Tout est bien délabré et pour tout dire assez crade, bien que classé au patrimoine de l’UNESCO. L’entrée est à 10 rupees pour les indiens et à… 250 pour les étrangers! Excellent! Du coup je l'ai saumâtre et je jette ''l’institutrice'' qui me demande du fric pour aider ses ouailles! L’a qu’à réclamer à ses concitoyens, merde alors!

Delhi.
La ville est incroyablement plus bordélique et délabrée que dans mes précédents séjours, il y a… trente ans et des…Les routes sont défoncées, le béton des immeubles modernes s’effrite. Tous les trottoirs des environs de Connaught Place, le cœur de la ville, sont démolis, en perpétuels travaux… Des passages piétons souterrains ont été creusés mais ils sont inondés, apparemment personne n’a prévu d’évacuation pour les pluies, dans une ville à forte mousson…
J’ai compris pourquoi, je reconnaissais pas Pahar Ganj: la rue a été élargie! Pour cela, il a fallu détruire les façades des immeubles, mais elles n’ont pas été reconstruites, les habitants se sont contentés de boucher les trous en murant les pièces. Cela donne une impression d’après tremblement de terre très étrange… Des portes donnent sur le vide, des fantômes de plancher dépassent des ''façades''…
Sinon, il y a toujours des centaines d’oiseaux dans le ciel, depuis les merles au premier étage, les pigeons ensuite, les corneilles, les buses on top! Les singes sur les toits, les vaches dans les rues, les centaines de clebs, les chats rouquins, les écureuils décontractés et puis les mal aimés, souris mutines, rats nocturnes… J’adore…

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Jaipur, Athiti Guest House, dimanche 10 février.
Ça y est, j’ai ma première Turista, Running Shit, bref: Cagagne! J’ai pris des remèdes indiens, en général ils donnent les mêmes aux vaches, ça devrait faire de l’effet…
Jaipur est toujours aussi sympathique, trop de bagnoles et de motos qui envahissent les plus petites ruelles, sinon c’est toujours assez beau. La ville est rose-orange, plutôt en meilleur état que Delhi, les marchés sont superbes, l’artisanat est de qualité, il y a aurait des milliers de babioles ou de fringues à acheter…
Et il y a des bestioles, encore plus qu’à Delhi.
Dans le ciel, on peut rajouter les perroquets verts. Par terre, les vaches sont omniprésentes, suivies de près par les cochons qui squattent les tas d'ordures en concurrence avec les chèvres. En plus, il y a des singes à face noire, bien plus jolis que les macaques Rhésus de Delhi…
Nous avons visité le palace de Amber, sur les collines au nord de la ville. C’est vraiment très beau, assez préservé et nous y sommes montés à… dos d’éléphant. Cher et casse-cul mais nous ne pouvions pas éviter ça…

Lundi-Mardi
Terrasse du super petit hôtel tout décoré, voir photos, hélas j'ai omis de noter son nom compliqué...Nous avons donc changé d’hôtel pour celui-ci moins cher et décoré de jolies peintures, avec un internet qui fonctionne impec ! En plus, il est à côté de la gare et comme nous prenons le train à 14 h pour Udaipur c'est pratique. Hier nous avons visité le Monkey Temple, situé sur une colline à la sortie de la ville, plein de singes évidemment qui font la manche pour réclamer des cacahuètes en tendant leurs mains, la sensation etrange de sentir leurs petits doigts au creux de nos paumes ! C'est délicieux. C’était très crade, il paraît que c’est juste des poubelles d’après-festival? Moi, je veux bien, mais elles avaient quand même l’air bien anciennes les bordilles…
Visité aussi le Wind Palace, célèbre Palais au centre-ville. Joli et inutilement vide, pourquoi ne pas utiliser tout cet espace? Nous avons fait du shopping, c’est facile d’être tenté, tout est beau…

Embouteillages.
En Europe, être bloqué dans un ''trafic jam'', c’est l’horreur, je crois pas connaître quelqu’un qui trouve ça marrant! Ici, c’est le pied! En fait, tu es bloqué au milieu de, à Delhi: Moto rickshaws, velos rickshaws, chars à bœufs, voitures à bras surchargées, poussées-tirées par des types sans un gramme de gras, espère! Vélos tricycles à plateau encore plus chargés et bien sûr, voitures, bus, camions et myriades de motos et de vélos. Tout ça empêche ni les vaches ni les chèvres ou les chiens de dormir dans les rues! A Jaipur: La même liste plus: les ânes en caravane, les charrettes à cheval, à chameau! En plus par terre, il y a: des cochons souvent noirs et velus, des chèvres et des singes qui te regardent narquois, peinards, eux, sur les toits! C'est la que tu voies tout le monde s’écarter pour laisser passer un éléphant nonchalant ! Le pied. Pour pimenter quand ça démarre, tu frôles la catastrophe en permanence (mais elle se produit rarement) dans un incroyable tintamarre de toutes les sortes de klaxon…

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Ganpati Guest House, Varanasi.
J'ai pas ouvert ce carnet depuis Jaipur, au boulot...

Trains.
Le premier, de Jaipur à Udaipur, était sympa, un peu long pour un trajet modeste (±500 km) parcourus en 7 heures, de jour. Pas de problème d’espace, les places réservées sont réservées, les wagons ne sont pas surpeuplés. Assis en face d’une famille sympa, parlant un bon anglais qui nous fait gouter son ''thali'' maison…
Les trains suivants, c’est une autre histoire. Pas de liaison directe entre Udaipur et Varanasi, il nous a fallu repasser par Delhi et nous pensions avoir réservé un train de jour et le deuxième de nuit pour disposer d’un peu de repos entre les deux trains. En fait, il s’agissait de 2 trains de nuit à la suite, en tout 28 h de voyage! Le premier n’était pas mauvais, hélas un front froid passait sur le nord du pays et nous l’avons rattrapé, nous nous sommes un peu caillés. Pour passer une meilleure nuit dans le deuxième, (Delhi->Varanasi), nous profitâmes des quelques heures d'escale pour acheter duvet, couvertures, boules Quiès pour Marina… Hélas, nous sommes tombés sur le plus lent des tortillards, 17 heures d’arrêts brutaux, d’attentes en rase campagne. Heureusement, le paysage était pas mal, de la verdure, de la vraie cambrousse aux cultures soignées et variées. Des bêtes sauvages aussi, sortes d’antilopes, des oiseaux superbes, hérons, rapaces, et des singes dans chaque gares… Hélas des tonnes de poubelles aux abords des villes, ce pays m’a l’air de crouler sous les déchets plastiques, comme prévu…Ensuite, la nuit réellement pénible. D’abord le ronfleur du siècle juste à côté de nous, les boules Quiès de Marina littéralement transpercées, inutiles. Quant à moi, j’ai dû subir l’obsédé de musique ayant peur du noir ! Pas moyen qu’il éteigne la lumière et son abominable variétoche grinçante qui me transperçait le cerveau. Rajoutons le train qui s’est tapé 2 heures de retard cumulé. Mais nous n’avons pas eu froid !

Udaipur
C’est toujours aussi beau et assez peinard. Hélas, là aussi, les véhicules à moteur sont devenus omniprésents mais l’ambiance de la ville est toujours relax, son look s’est même amélioré. Plein d’anciennes ''haveli'' (sortes de Ryad) ont été aménagées en Guest House, comme celle où nous sommes restés ( Rajukunnad, Guest House, Très bien). Bien sûr, c’est devenu très touristique mais un tourisme pas trop envahissant, ça se ressent au fait que les vendeurs de babioles (toujours de qualité) sont assez peu agressifs, ils acceptent même de discuter parfois sans essayer de vendre automatiquement. La ville est belle la nuit, les terrasses des Guest Houses sont animées, le fort et le City Palace illuminé ainsi que le Lake Palace sur l’eau, ça en jette… Les Guest Houses ont tous une terrasse avec vue et ils font la cuisine, souvent bien. Tout ça à prix cadeau, vous pouvez y aller!

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Varanasi.
Les changements: il y a des Guest Houses pleines de touristes sur tout le bord du fleuve. OK, c’est une toute petite population par rapport à la cohorte des pèlerins, tellement nombreux que des cheminements en bambous ont été créés pour les canaliser vers les Ghats et le Golden Temple, gardé par des flics armés par peur des attentats. Tout a été multiplié: le nombre de bateaux sur le fleuve, certains à moteur remplis de touristes chinois et de pèlerins, les motos bien sûr, les Rickshaws sont maintenant plus ou moins interdits d’accès au Ghats…Cela se paye: la pollution des rues et du fleuve est manifeste, il n’y a plus de dauphins, hélas, mais des millions de mouettes dégueulasses…
Les chinois (au sens large, coréens, taïwanais, indonésiens). Ils sont partout, les nouveaux japonais, mais avec la possibilité de couvrir les lieux à cause du nombre. Autre différence, ils ne voyagent pas vraiment en groupe, mais souvent en famille, ils sont souvent majoritaires dans les Guest Houses, celles recommandées par le Lonely Planet, anglais oblige, moins nombreux dans les ''nôtres'', celles du Routard, ouf !
Les français aussi sont légions, Varanasi est une de leurs ville préférées. Les rabatteurs nous repèrent au premier coup d’œil, certains imitent même notre accent fort bien les enfoirés, ça me fait marrer…
Ce qui n’a pas bougé: le fleuve, la vie sur les Ghats (les portes qui descendent en escaliers vers le Gange depuis les ruelles du Chowk, le vieux quartier). C'est toujours aussi beau et calme, ambiance incroyable, là j’écris assis en terrasse juste au-dessus, superbe panorama…En fait, il suffit de marcher 15 mn à droite ou à gauche du Ghat principal et il n’y a plus de touristes ou de pèlerins, juste des lavandières, des vaches, des chevres, des enfants qui font voler des cerf-volants virevoltants, des ados qui jouent au criquet mais qui s'interrompent toujours pour mater Marina.
Les vaches: toujours là, dans les ruelles, sur les Ghats à roupiller au soleil, partout, affalées dans les rues au milieu des embouteillages, indifférentes au bordel ambiant les chéries...
Les embouteillages. Gigantesques, inextricables, superbes, les plus beaux d’Asie !
Les singes sur les toits, partout, spectacle gratos, doivent être payés par l’Office du tourisme.
Les petits trucs à grignoter dans les rues: Entre autres, les meilleurs curds (yaourts) de l’Inde, servis dans des pots en terre cuite jetables, un régal!

Varanasi 19 fevrier (je crois, un mardi…)
Marina roupille toujours, c’est 3 h de l’après-midi… Faut dire qu’elle a été malade cette nuit, réveillée par l’envie de gerber. Pourtant nous avons mangé pareil et j’ai rien eu…Elle a vomi 6 ou 7 fois, c’était très pénible (pour elle), et depuis elle dort…Elle n’a pourtant pas enchaîne (pour le moment) par une grosse cagagne et elle semble pas avoir de fièvre. On verra la suite. Je traîne sur les terrasses de l’hôtel, j’écris dans ce carnet, je bouquine…Je vais peut-être aller faire un tour sur les Ghats…

Ghats
Incroyable pays…Les Ghats, quel spectacle! Les ablutions, évidemment les crémations et les dizaines de sadhus qui squattent, mais aussi le linge lavé qui sèche par terre entouré de bouses de vaches étalées là pour sécher elles aussi…

Varanasi mercredi 20 fevrier.
Marina va mieux, plus de mal de bide ni de fièvre. Juste faiblarde, normal après deux jours de jeûne…Nous déjeunons au Dolphin, un resto assez classe qui fait de la viande et qui possède la terrasse la plus haute au-dessus des Ghats. Nous allons à la gare en Rickshaw, notre pédaleur d’élite te conduit ça avec maestria, n’hésitant pas à plonger à contre-trafic (brrr!) pour prendre un raccourci. Hélas les trains sont pleins vers Calcutta, va falloir tenter le ''Emergency Tourist Quota'' juste avant le départ…Promenade en barque sur le Gange pour faire un truc agréable et relax, vue évidemment superbe sur la ville…Le soir, plein de belles processions dans les rues, un char immense et illuminé qui bouche la rue en avançant au pas, il faut lui faire le passage en dégageant la chaussée de tout ce qui l’encombre, motos, tas de bambous pour échafaudages, barrières de canalisation de pèlerins, fils électriques en travers à soulever, un bordel… Tout ça au son de tambours et de trompettes criardes, biscornues ou au contraire démesurément longues et droites…

Varanasi vendredi 22 fevrier.
Ça y est, j’ai replongé dans la cagagnette… Ai-je choppé la même saloperie que Marina avec un décalage de 24 h? J’ai mal au bide, des belles coliques, pas de gerbe ni de chiasse excessive mais un peu de fièvre, je me suis tapé une grosse journée de chambre, impossible de bouger. Juste avant ça, nous sommes allés hier acheter de la soie dans une ''fabrique'', en fait son Showroom, recommandé par le Routard, histoire de pas avoir à marchander 3 plombes pour de la qualité incertaine… C’est très beau, pas très cher. Nous avons acheté des tissus, des écharpes… Cet après-midi enfin, après une dorme et un aspirine, je me suis senti mieux, je suis allé manger un ''vegetable pulao''(riz et legumes) délicieux au Dolphin Restaurant, Marina, un curry de poulet aux petits oignons (d’ailleurs elle les a tous triés, au bord de l’assiette ils sont restés…), ensuite petite visite à Kalikagali, la ruelle au babioles kitsch pour acheter des bracelets en verre, la spécialité de Varanasi, enfin une des..

Samedi 23 fevrier.
Dernière grande balade sur les Ghats vers le sud pour visiter le Monkey Temple local.… Superbe, les Ghats presque plus beaux que vers le nord, des centaines de Sadhus (prêtres, plus ou moins). Tous plus délirants les uns que les autres, ils squattent les escaliers de pierre sous des tentes improvisées, il y en a beaucoup plus que dans mon souvenir. Certains sont complètement à poil, couverts de cendre de la tête aux pieds. Tous ont des dreadlocks incroyables, parfois arrangés en coiffures décorées de fleurs, ils fument du shit dans des Shiloms gros comme des cigares cubains, ils font la popote dans des foyers élaborés avec des bouses de vaches… Y’a des vaches, des taureaux, des chiens par milliasses, des chèvres, des écureuils, des buffles noirs… Sur les murs des superbes palais abandonnés, habités par des pauvres ou transformés en Guest houses, des étages d’oiseaux: sur les cornières basses, des sortes de merles à bec rouge, au milieu des pigeons, plus haut les corneilles, puis cachés dans les branches des buissons qui poussent entre les pierres au sommet, des perroquets verts… Toujours des dizaines de buses planent au-dessus de tout ça en partageant le ciel avec les cerfs-volants de papier des gosses…
Le Monkey Temple a bien changé, je me souvenais d’un machin poussiéreux et désert, maintenant, il y a des milliers de pèlerins et de touristes et peut-être un peu moins de singes (quoique), en tous cas moins agressifs…

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Calcutta, dimanche 24 fevrier.
Voyage pas trop éprouvant pour ce qui est de nos voisins de compartiment, des enfants mais dormeurs, pas de gros ronfleurs ni d’obsédés de la zizique… Hélas c’etait Mosquito Ville ce train, et il faisaitt chaud, se couvrir etait pénible…Nous avons bien cru le rater le train, coincés dans les pires embouteillages qu’on ait vus depuis le début du séjour ici. Nous avons fini à pied avec nos bagages qui commencent à se faire lourdingues. Heureusement le train était normalement en retard (30 mn) au départ mais 2 h à l’arrivée à Calcutta quand même…Nous avons découvert un nouveau métier inconnu jusqu’alors, pourtant il y en a des insolites par ici, mais ça: ETALEUR de CACA sur les voies, dans les gares! A quoi ça peut servir de peindre les voies avec les merdouses molles, mystère, mais c’est fait consciencieusement! Quel pays!

Calcutta, 26 fevrier, hotel avec nom compliqué, oublié.
Nous avons changé pour cet hôtel-ci, celui d’avant, le RAJ, était clean et silencieux mais la chambre était petite, trop… Ici c’est bruyant mais hyper spacieux, 2 lits, sur la terrasse, enfin le toit, de l’immeuble, plein de fenêtres. Hélas, donnant sur un coin de rue très animée, heureusement calme la nuit. Tous ces hôtels n’ont pas de WI-FI dans les chambres, dans la ville qui se veut à la pointe de ''l’Intelligent Progrès'' indien… Sinon tout comme dans le reste de l’Inde, le nombre d’hôtels a explosé, les touristes sont légions, tant mieux, ça garde les prix au plus bas, en fait c’est aussi bon marché qu’au Rajasthan…(15 € la nuit, la double avec AC, eau chaude, télé). La ville est somptueusement décatie, le fantôme de sa splendeur passée est parfaitement perceptible quand par chance un vieil immeuble est restauré. Sinon la solution indienne pour les maintenir debout est de les insérer dans un carcan de fer évidemment rouillé en attendant les hypothétiques futurs travaux…Cela donne un Look d'enfer au centre ville, un vrai décor de ciné.
Il y a de vrais cinémas Arts Déco des années 30, couverts de plantes parasites, de moisissure noirâtre et de pollution, j'aime. Le trafic n’est pas infernal, l’absence de Rickshaw doit diminuer significativement la pression (dans le centre au moins). Ici, on se déplace en taxi, très bon marché, des Ambassadors superbes, des vieilles Austins en fait, la chaîne de montage laissée par les anglais en 1948 fonctionne toujours, l’équivalent bagnole des motos Royal Enfield fabriquées elles à Madras. Il reste des trams aussi de cette époque, un vrai régal brinquebalant pour visiter le centre…Très beau Central Market près d’ici, un peu inaccessible au coeur, vu qu’ils y tuent et découpent les bêtes, bonjour l’odeur…Pourtant, W, rencontré avant-hier, nous a parlé de Limules vivants en vente par là, il faut que je vois ça, mais Marina pourra-t-elle survivre à l'odeur? Je vais probablement y aller seul !
W, épouse et fiston nous ont retrouvés Dimanche, aujourd’hui quand j'écris c’est Mardi. Nous avons déjeuné avec eux: viandes cuites au tandoor et riz Byriani dans un super resto muslim. Puis nous nous sommes gavés de pâtisseries locales, dommage pour nos régimes mais notre fonction de guide nous impose quelques sacrifices… Nous sommes allés boire une bière sur un hôtel flottant très chic, ancré sur la rivière, en fait un bras du Delta du Gange…
Hier nous avons fait nos Visas Népalais, ça a duré 3 plombes mais au moins, nous sommes parés.

Calcutta, 27 Février.
Balade sur la rivière, enfin le fleuve, 4 fois le Rhône facile…Il suffit de prendre les bateaux bus et d’aller en bout de ligne, y’a plus qu’à profiter du spectacle. Nous passons en dessous du Howrah Bridge, fabuleux croisillon de poutres métalliques de plus d’1 KM de portée… (je crois…).
Hier soir, nous avons dîné dans un resto de luxe réellement très bon mais hélas hors de prix, 60 € à deux, une folie qui a plombé notre budget. Aujourd’hui, c’est le régime fruits et ''Chai'' (Thé au lait épicé, un délice, Marina est accro). Peut-être ferons-nous une folie avec un petit lassi, plus tard…

Vendredi 1 mars, Fairlawn Hotel, Calcutta.
Dernière journée à Kolkota (orthografe officielle) passée à…Roupiller! Faut dire que cet hôtel ancien, décoré des photos de célébrités qui y ont séjourné et des bibelots accumulés par son antédiluvienne proprio est un pousse à sieste. Tranquille, frais, silencieux avec des lits moelleux à souhait et une baignoire. Aujourd’hui, nous partons pour la frontière Népalaise, long périple en Train de 17 h au moins. Si nous sommes pas trop vanné, nous repartirons en bus vers Kathmandu dans la foulée, à condition que la durée du trip garantisse le voyage de jour, au moins pour les montagnes…

[Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta] [Fairlawn Hotel, Calcutta]

Kathmandu , lundi 3 mars, Tibet Peace Guest House,
Ce qui n’a pas changé ici, c’est la gentillesse des gens, leur relaxitude… Aussi c’est toujours aussi beau, les vieux immeubles de brique et bois sculpté du centre-ville qui s’écroulent hélas souvent, les superbes temples pagodes, tout ce bois, ces charpentes, ces statues peintes ou pas, incroyablement détaillées, j’adore… Les rues pavées de pierres carrées ou de briques, les boutiques remplies d’artisanat ou de vieilleries plus ou moins authentiques mais jolies quand même… La diversité des visages, des plus ou moins bronzés, des yeux bridés ou pas, des petits évidemment mais bien foutus, souvent très beaux…Les coupures de courant. Systématiques, tous les soirs, de 18 h à 3 h du mat’, pas moyen de regarder la téloche pourtant satellisée digitale impec… Tu circules dans les rues au péril de ta vie, le seul éclairage c’est celui des bagnoles et des motos…
Ce qui a hélas bien changé c’est le doublement (au moins) manifeste de la taille de la ville, les motos et bagnoles (petites mais chiantes quand même) qui ont envahi les rues autrefois le royaume des rickshaws, des gens et des bestioles…La surpopulation a transformé la rivière en décharge tout simplement, pas des bordilles jetées ça et là sur les berges, la toute vraie décharge, manifestement des tombereaux se déversent là…
Nous avons acheté des cadeaux, goûté les momo’s, des beignets fourrés de viande, avec sauce pimentée, pas mal. J’ai goûté les bières locales, pas de prohibition au Népal.
Marina s’est régalée de grillades de buffle dans les rues… Nous devons nous préparer pour notre treck, ce qui consiste principalement à accumuler du fric retiré à coup de 10 000 roupies (90 €) dans les distributeurs quand ils marchent pour payer des lodges et la tortore pendant deux semaines…

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Pokhara, mercredi 6 mars, Gauri Shankar Guest House.
Encore une mais cette fois-là sérieuse ! Déjà dans le bus, hier, 8 h pour 200 km, ça n’allait pas fort ensuite ici j’ai cavalé aux chiottes toute la nuit. Ce matin, je me suis traîné, enfin Marina m’a traîné au docteur spécial touristes friqués et il est pas cadeau le bougre ! Pas loin de 40 euros la consulte mais j’avais pas l’énergie pour aller poireauter à l’hôpital… M’a filé des antibios et des machins pour stabiliser le bide. J’attends que les effets commencent mais ça languit, j’ai l’anus en feu à force de chier et je te rote de ces odeurs d’œuf pourri… Faut dire que j’ai fait en plus la connerie de bouffer épicé hier soir et c’est un peu resté coincé dans l’estom' au passage…
Bon sinon le voyage en bus pas si pénible, la route plutôt bonne si on oublie les passages effondrés ou les travaux, assez peu nombreux. Un gag, enfin pas pour les victimes. Un ponte local a décrété que toute construction qui respecte pas une certaine distance par rapport au centre de la route doit être rasée…Résultat là aussi des maisons éventrées, ou sans escalier d’accès, les habitants trop pauvres pour aller ailleurs, vivant au milieu des décombres en attendant de reboucher les trous de leurs pièces réduites…Une baraque avait même juste un coin rogné, construite de biais par rapport à la route.
Le paysage est beau, beaucoup de vraies forêts qui couvrent les ''basses'' montagnes (2500m) très raides, des cultures en terrasses parfaitement esthétiques, pas trop de poubelles, des rivières superbes pleines d’andouilles occidentales en rafting…Non, en fait juste dans la plus grosse, les autres intéressent personne, heureusement…
La pauvre Marina supporte mon inutilité avec stoïcisme, j’ai beau lui suggérer de sortir, faire un peu des trucs, il fait très beau, elle reste là à jouer ou bouquiner…
Pokhara est toujours bien agréable, la vue sur les Annapurnas, le lac… Ils ont décidé d’en faire un peu le centre de loisirs sportifs de l’Himalaya, du coup l’offre en Guest Houses, Hôtels, Restos et Bars a explosé, y’a que l’embarras du choix. C’est pas cher, concurrence oblige et le rapport qualité prix est excellent. Il y a des parapentes sur les collines, du saut à l’élastique, du rafting, et même de l’ULM, je vais aller voir ça dès que…

Pokhara.
Je récupère doucement de ma cagagne…
Visite de la vieille ville, enfin ce qu’il en reste, assez pour se faire une idée de ce que découvraient les premiers alpinistes à venir se mesurer aux géants.
Comme d’hab’, c’était à l’évidence mieux avant. Beaucoup ! Nous avons fait un tour sur le lac en louant une barque, nous avons grimpé jusqu’à la nouvelle pagode construite par les japonais en traversant la belle forêt, raisonnablement peu empoubellée… Nous sommes allés essayer de prendre contact avec les pilotes d’ULM qui volent au-dessus de nous le matin. Rien à faire, ils décollent de l’aéroport, y’a pas de club, 3 hôtesses mignones t’accueillent avec le sourire mais un anglais limité et essayent juste de vendre un baptême de 30’ à 125 dollars ! Du vol, quoi !

[Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara] [Pokhara]

Trekking.
1° jour, dimanche 10 mars.
7 heures intenses de… Bus pour atteindre Bhulbur. Premier Bus de Pokhara à Gorkha sur une route raisonnable, puis deuxième beaucoup plus fatigué sur une toute petite route qui s’enfonce en suivant une belle vallée bordée de cultures en terrasses jusqu’à Besisahar, le vrai début du Treck à 850m d 'altitude que nous atteignons sous les orages, décidément bien présents chaque après-midi depuis quelques jours. Petite pause déjeuner (BOF) et dernier bus aussi défoncé que le chemin qu’il emprunte pour quelques Km.La vallée et la rivière sont splendides, les géants enneigés se découvrent au-dessus de nous…Bref, tout baignerait si je ne m’étais pas fait ''quelque chose'' au mollet gauche en descendant d’un bus, ça tiraille quand je marche et ça m’inquiète. Marina, elle, est impec, elle me soutient le moral la chérie…Par contre, fini Internet, elle commence à montrer des signes de manque…

[Trekking] [Trekking] [Trekking]

2° jour, Lundi 11 Mars, BhulbulGhermu
New Garden Guest House.
Ça y est nous marchons ! Agréable début sur un terrain facile, en compagnie d’un tracto-pelle jaune qui nous double sur les plats mais que nous rattrapons en montée. Heureusement le conducteur roupille et, lancé à 5 à l’heure, il finit par s’emplâtrer dans une excavatrice qui leur barrait la route en construction ! J’invente pas !!! Après c’est plus tranquille et moins pollué, les sommets enneigés nous surplombent de très très haut, les cultures en terrasses couvrent les flancs des (basses) montagnes, la rivière cascade en bas, les villages pavés se succèdent, les gens sont charmants et franchement souvent très beaux. Il y a plein de minots rigolards, de chèvres, moutons, des buffles sous des abris ronds en chaume, on peut pas nier le petit côté paradisiaque… Mais nous en chions car ça monte souvent dur et ces putains de sacs sont plus lourds qu’ils ne paraissent ! Les mollets, la sciatique qui tiraille, les épaules malaxées par les sangles… Mais nous finissons notre étape prévue archi dans les temps, là nous sommes sur la terrasse du joli Guest house, en face la cascade dévale la pente, les nuages commencent à s’amonceler sur les sommets… Relax…

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3° Jour, Mardi 12 Mars, Ghermu -> Tal.
Father & Son Guest House (Chrétien).
La première partie du trek suit la nouvelle piste sur la rive droite de la rivière superbe, que nous traversons sur un de ces vertigineux ponts suspendus. Heureusement à part 2 jeeps et une pelleteuse, nous ne croisons pas d’autre véhicule. Ensuite, nous montons dans la montagne par un vrai sentier népalais qui surplombe la route de très haut. C’est un peu plus fatigant mais très beau, vraiment. La rivière, en fait un énorme torrent, a creusé une gorge impressionnante avec des cascades, des rapides. Autour les montagnes (des bébés) montant à peine à 4500 m, tombant souvent directement jusqu’à nous avec des à-pics vertigineux. Notre sentier suit la forêt jusqu’au village de Chamje où nous retraversons la rivière sur un autre pont délirant, quelques câbles manifestement pas indispensables, espérons, pendouillant jusqu’à la flotte !
A partir de la, nous morflons ! Putain que ça monte ! Du raide, un sentier népalais, plutôt bien entretenu qui suit la falaise à pic, vraiment très beau mais épuisant. Une vallée en face dévale directement des sommets de l’Annapurna, une gorge qui coupe la montagne sur 2 000 m au moins de hauteur ! Les cascades des rapides de la rivière principale deviennent des chutes. Le sentier monte maintenant au milieu de pierres qui roulent sous les godasses, Marina craque un peu. D’ailleurs la pauvre craque un peu de partout, genoux, chevilles...
Désavantage des sentiers népalais authentiques quand on arrive aux abords de bleds pourtant si jolis mais desservis par la nouvelle piste : ils servent de décharge et on marche au milieu des poubelles…Déjà que les népalais néo consommateurs mondialisés peuvent pas s’empêcher de jeter partout les emballages des ''junk food'' ou autres merdes qu’ils s’enfilent désormais…

Vu :
Un bouquetin qui s’auto-tête la bite en s’éjaculant un foutre grisâtre dans la gueule avec délectation…
Des andouilles qui portent des masques anti-pollution, la nouvelle grande mode asiatique, même ici ! Ha les cons !

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5° jour, Jeudi 14 Mars, Hotel Utse, Pisang
J’ai rien pu écrire hier, nous étions à Chamé, très joli bled sans électricité, la centrale locale est cassée… L’étape entre Tal et Chamé a été la plus longue en temps et distance. Elle ne comportait pas de grosses difficultés, la plupart du temps nous avons suivi la nouvelle route taillée dans la montagne, digne de figurer dans une doc genre ''Road to Hell'', mais à pied c’est plus relax, les pentes ne peuvent pas excéder ce qu’une Jeep chargée à bloc peut monter et c’est infiniment moins qu’un humain ! Mais que c’était long ! J’ai fini sur les rotules, les épaules en compote. Marina est même plus fraîche que moi (relativement) sauf à la toute fin où elle montrait un aspect qui lui permettrait d’être engagée illico dans un film de zombies comme figurante…
Chamé c’est très beau, des maisons traditionnelles en pierre et bois et surtout une vue sidérante sur les montagnes, l’Annapurna 2, un pic qui frôle les 8 000 m, whow !…

Chamé ->Pisang.
Étape facile et pas trop longue, nous traçons, à peine 5 h de marche. Bémol : Marina est vannée, sans doute l’altitude qui commence à se faire sentir, nous passons les 3 000 m. Les paysages sont réellement somptueux, nous marchons sur nos premiers névés. La météo est bonne…
Elle ne l’est plus, les nuages ont couvert les montagnes et il neige maintenant…C’est un peu chiant pour notre futur passage du col mais c’est beau !

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6° jour, Vendredi 15 Mars, Hotel Yéti, 3500m, Manang.
Nous sommes à Manang, la ville où nous allons passer une journée de repos et d’acclimatation à l’altitude…L’étape depuis Pisang a été la plus facile à ce jour. Il y avait beaucoup de neige au départ car il en est tombé beaucoup hier soir mais apparemment l’averse s’est tarie avec l’altitude et ici, alors que nous sommes bien plus haut, l’air et le sol sont secs. Les nuages ont maintenant gagné tout le ciel, il est 15 h 30 et sans le soleil, ça caille ! C’est très beau, enfin c’est plus que ça, décrire le spectacle est même ardu…C’est les Alpes en plus, plus, plus. Sans la verdure et les forêts de conifères denses, il y en a mais plus clairsemées. Par contre, ils montent à l’aise jusqu’à 4500 m. Les premiers glaciers descendent dans les vallées à 4000 m, autant dire que nous pourrions presque les toucher,ils dévalent des sommets de plus de 7000 m.
Marina est extasiée devant le paysage, je la comprends…Entre nous et les sommets ça fait 4 ''Munros'' écossais entassés ! Le village est beau, des lodges en bois et pierres et des vieilles maisons tibétaines en pierre. Des Stupas, des murs de moulins à prières longs de 30 mêtres. Le Tibet est pas loin, ça se sent ! Les yeux sont maintenant tous bridés… Seul (petit) bémol, ça devient chérot, les prix montent avec l’altitude et la raréfaction des produits due aux difficultés d’approvisionnement. Sauf les chambres des (confortables) lodges ultra bon marché (3 €), la moindre bouteille de bière est à 4 €… Mais qu’elle est bonne la bougresse !...
Rajoutons le mal aux épaules à cause du tiraillement du sac qui empire chaque jour…

7° jour, Samedi 16 Mars, Manang, 2° jour.
Histoire de s’acclimater à l’altitude, nous avons grimpé jusqu’à un Stuppa au-dessus du glacier à 3750 m, dans la neige car la pente est exposée au côté qui fond moins vite. Descente rigolote, Marina qui préfère couper dans la neige fraîche pour pas glisser s’enfonce jusqu’aux genoux ! Hélas le ciel s’est couvert dès 13 h, là c’est 14 h 30 et il gèle vraiment… Il n'y a pas grand-chose à glander. Le village est très beau, maisons basses de plafond mais à étages, en pierre et bois, beaucoup sont abandonnées, exode rural oblige… Il y a des Stupas jolis entourés de dizaines de moulins à prières enchâssés dans des murs faits pour… Des minis vaches velues avec des veaux trop jolis, des chèvres grandes et poilues elles aussi, curieuses. Et puis ces incroyables montagnes tout autour, plus tu montes plus tu en découvres… Tout ce qui dépasse pas 6000 m fait figure de colline !

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9° jour, Lundi 18 Mars, Thorong Pedi, 4450m.
Hier soir nous étions à LEDAR, en fait un village abandonné mais pourvu de 2 gros Lodges à 4200 m d’altitude. La marche entre Manang et Ledar s’est passée sans problème. Marina un peu courte en souffle et souffrant de quelques douleurs, hanche, genoux, cheville mais finalement nous sommes montés en moyenne plus vite que le reste du troupeau de trekkers. Moi j'allais plutot bien et puis la nuit, ça m’a pris…Les tempes qui pulsent, des douleurs au coin des yeux, impossible de dormir, après c'est le palpitant qui se met à batifoler, pas possible de garder la position couchée seulement si tu t’assoies dans le lit, tu te découvre, hors il gèle la nuit et c'est pas manière de dire : Marina a faillit se péter le derche en glissant dans le chiotte (à la Turque, sa hantise) complètement gelé ! J'ai tous les symptômes typiques du mal des montagnes. Heureusement ce matin des gentils canadiens m’ont donné des pilules contre ces symptômes, histoire de se sentir mieux. Par contre, il faut faire gaffe que ça fait pas disparaître le mal et je dois me surveiller.
Là ça va à peu près. Nous avons grimpé 250 m de plus pour arriver ici à 4450 m, terrain facile et enneigé car hier soir nous avons subi notre 2° orage de neige, dans un Lodge glacial et sans électricité… Heureusement nous avions plein de couvertures et nous avons même eu chaud pendant la nuit.
J’ai laissé Marina sur la terrasse en plein air, sous un soleil éclatant, tchatcher avec d’autres trekkers, là je suis dans la chambre bien exposée au soleil, chaude pour l’instant…Les montagnes éblouissantes couvertes de neige, c’était quelque chose ce matin. Nous avons sorti les lunettes de soleil, absolument indispensables… Nos visages sont en train de sécher comme des peaux de bique…Tous les sommets autour, même les plus secs, immenses tours sédimentaires qui font penser aux Dolomites, dépassent evidemment 5000 m, ceux dotés de glaciers sont tous à plus de 6000 et 7000 m. Impressionnant…

[Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi] [Thorong Pedi]

11° jour, Mercredi 20 Mars, Paradisiac Guest House, Jomsom.
Bien nommé, le meilleur hôtel après des jours de courants d’air glaciaux, de manque d’électroche, d’absence d’eau chaude, de cuisine bas de gamme…Ici : eau chaude, lits confortables avec couette, cuisine délicieuse, même de la WIFI qui fonctionne.
Hier, nous avons réussi le passage du Col, le Thorong La, à 5416 m. Vous lisez bien, 800 m de plus que le Mont Blanc! Ça a été Dur ? Putain d’Adèle, oui ! D’abord il faut se taper presque 1000m de dénivelé en montée (nous sommes partis de 4450m), ensuite, à partir de 5000M la raréfaction de l’air s’est vraiment faite sentir. Le souffle court, obligés de faire des pauses toutes les 10 mn. Autre souci, les variations de température. Nous avons démarré un peu avant 6 h dans un air glacial, largement en-dessous de zéro (-10°). Puis nous sommes arrivés aux premiers champs de neige avec le soleil. D’abord agréable, c’est devenu très vite infernal, la réverbération de la neige par-dessous, le soleil qui tape sur le caillou par dessus dans un ciel tellement bleu qu’il semble presque noir. Puis les brises froides descendent des glaciers, faut se couvrir, puis se dessaper à nouveau dés qu'elles s’arrêtent. Chaque surface de peau exposée au soleil s’enflamme…En plus, Marina s’est réveillée avec une lèvre gonflée comme une saucisse, explosée par l’herpès. Elle craque un peu, doute, mais s’accroche, elle en chie.

Moi je la suis mais je commence aussi à être au bout du rouleau.
Autour de nous, le paysage est époustouflant, le col est situé entre deux sommets de 6500 m, secs mais couverts de glaciers, accrochés sur leurs flancs
Et nous arrivons au Col ! Marina franchit les derniers mètres en courant, s’effondre à côté de la plaque qui dépasse à peine de la neige, pleure comme une madeleine, secouée de gros sanglots. Moi je chiale pareil, en moins bruyant, elle m’a largué d’une cinquantaine de mètres, ça y est j'y suis, nous nous effondrons ensemble, nous l’avons fait !
Juste le temps de faire quelques photos et il faut descendre.

[Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom] [Paradisiac Guest House, Jomsom]


Muktinath n’est qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseau mais 1600 m plus bas !
Le terrain est pénible, la pente est raide, la neige est devenue glissante, casse-gueule, nous nous vautrons à tour de rôle, l’absence de bâton se fait sentir…Nos jambes nous portent mal, Marina s’embronche sur les cailloux (quand il y en a). Elle décide de se laisser glisser sur le cul en utilisant son coupe-vent comme luge dans les portions enneigées, au moins elle se marre... J'essaye aussi mais je me retrouve à l'envers, mon sac plus lourd complique le truc, je me trempe les pieds et le derche... Seul point positif : ça descend raide et chaque centaine de mètres gagnés nous fait mieux respirer…Enfin c’est la piste du fond de vallée, Muktinath est à 3.5 km en ligne droite, sûrement 5 avec les méandres du chemin, encore 1 h… J’ai tellement mal au dos à cause de mon sac alourdi, j’ai chargé le mien avec tout ce qui pèse pour alléger celui de Marina. Pour les dernières centaines de mètres, elle prend pitié de moi et exige que nous échangions nos sacs…
Voilà le bled. Nous descendons au Bob Marley Hotel, endroit manifestement fameux mais qui pète plus haut que son cul prétentieux ! Rien ne fonctionne bien, une seule douche chaude pour 30 chambres, Marina réussit à s’insérer dans la queue des trekkers épuisés, je renonce. Nous retrouvons plein de trekkers qui ont l’air souvent plus frais que nous après le passage du col, ils m’énervent… Seuls les plus démolis sont sympathiques, il y en a, heureusement. Nous fêtons notre exploit en dévorant des steaks délicieux, bien sur arrosé (pour moi) par une bonne bière. Un Anglais sympa bien que plus frais me rempli mon verre d’alcool de pomme local, pas mauvais mais vraiment trop raide. Il est très tard, nous n’avons plus qu’une envie : roupiller.
Ce matin descente en jeep à Jomsom, c’est long et cher mais plus question de marcher. Paysages superbes, le Daulaghiri, un 8000 étonnamment abrupt en face, l’Annapurna 1 à gauche, des très vieux villages fortifiés où il ferait bon s’arrêter mais pas question la lèvre à Marina nécessite un traitement d'urgence…
Idée de balade sans se crever à trekker : venir ici en avion et explorer le coin.
Jomsom est un joli bourg de part et d’autre d’une grosse rivière, aux rues pavées, maisons aux toits plats couvertes de bois pour brûler l’hiver…
Nous allons à l’hôpital pour les lèvres à Marina qui ont encore enflées, l’inférieure couverte de croûtes blanches, la pauvre est totalement déprimée. Le beau médecin local diagnostique une infection bactérienne par dessus des brûlures solaires, nous lui parlons de la possibilité d'herpès qu'il écarte...Alors antibios. Mais nous restons dubitatifs, ça ressemble quand même beaucoup à de l'herpès...Heureusement, le WIFI est excellent ici, je la laisse à l’hôtel pianoter sur Internet et je vais nous réserver deux billets d’avion pour demain 6 h du mat’.

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Kathmandu, Vendredi 22 Mars, Tibet Peace Guest House.
Voilà, nous sommes de retour à Kathmandu. Hier nous sommes descendus de Jomsom à Pokhara en avion.
Gag : le réveil, en fait le i-Phone de Marina a dû congeler, vraiment, dans la chambre glacée de Thorong Pedi (le matin nous avions des glaçons devant la bouche !) Bref, il nous a réveillés à…3 h du mat !
En confiance, nous partîmes avec nos sacs à l’aéroport pour enregistrer à 6 h du mat’, croyant qu’il était 5 h 30… M’a pas fallu longtemps pour comprendre que la nuit était bien trop noire…
Alors, heures de poireautade en marchant pour pas se geler avec tous les clebs de la rue ravis d’avoir de la compagnie…
Après, la météo du matin, au beau fixe depuis des jours, est évidemment dégueulasse! Il faut attendre encore 4 h dans une salle pas chauffée.
Le vol est tout simplement terrifiant (pour moi car je sais !). L’AVION a juste la distance pour s’arracher en fin de piste, presque pas de taux de montée à cette altitude de 3300 m… Et il doit suivre une gorge avec des sommets à 8 000 m à droite et à gauche, les nuages nous entourent, immenses.
Enfin posés à POKHARA, nous nous ramassons une averse de grêle sur la tronche ! C’est dire si c’était limite…

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Première chose à faire, aller revoir un docteur, celui (cher) qui m’a soigné le bide avant le trek. Il confirme notre impression : c’est bien le virus de l’herpès (d’après lui) qui est en train de démolir la bouche à Marina et pas des bactéries. Il lui change son traitement, espérons que ce soit le bon.
Voyage en minibus plutôt rapide pour venir de Pokhara ce matin, avec un bon chauffeur qui nous casse pas les oreilles avec une sono à fond et de la musique de merde pour une fois. Excellent repas dans un ''routier'', un buffet comme chez nous en quantité mais népalais !

Dernier jour à Kathmandu.
Demain nous retournons en Inde, à Varanasi en avion, histoire de s’économiser du temps et de la fatigue, passer 20 h dans les bus… Nous partons visiter Bakthapur, ville royale très ancienne, à 20 km de Kath. GAG. Dans les changements de fringues du matin, froid, chaud, jean, short, j’ai oublié de prendre le fric et ma CB. Résultat, le gentil chauffeur de taxi nous propose de nous attendre et de nous prêter 3 000 Rs pour payer l’entrée de la ville ! Tu imagines ça en France toi ?

Bakthapur.
C’est toujours aussi incroyablement beau. Là encore hélas, trop de Guest Houses, de magasins de babioles, de touristes. A ma première visite (il y a si longtemps), une seule Guest House en ville et tout le bled pour nous, poussiéreux mais sans poubelles, hélas omniprésentes dorénavant quand on s’éloigne de Durbar Square…Mais que c’est beau, pour une fois, je dirais : voir les photos...Décrire est ardu, il y a trop à voir, trop de temples, de statues, de bois sculpté, de charpentes incroyables…Les rues pentues sont pavées de briques rouges. La ville est construite sur une colline. Ça donne des frissons d’imaginer la vie ici avant les motos et les bagnoles, tiens même dans les années 60, ça devait encore bien ''le faire''…Nous déjeunons dans un vieux palace tout en bois, c’est vraiment bon et pas vraiment cher, même pour les critères népalais, un régal…

[Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur] [Bakthapur]

Lundi 25 Mars, Ganpati Guest House, Varanasi.
Hier nous sommes descendus de Kathmandu en avion. Quel cinéma ! Première fouille et passage des bagages aux X-Ray pour rentrer dans l’aéroport. Queue interminable, nous sommes noyés au milieu de groupes (chiliens, polonais, russes…) surchargés de bagages, souvenirs, machins métalliques qui font couiner les portiques…Deuxième queue pour l’embarquement. Ils contrôlent va savoir quoi sur les passeports et ça dure…
Troisième queue pour l’immigration, des employés à 2 à l’heure, ça traîne. Encore une autre queue après pour repasser un autre contrôle de sécurité, hommes et femmes séparés. Allons-y donc ... Et une dernière pour rentrer dans l’avion, heureusement à moitié vide. Pour 45’ de vol seulement, 7 h de voyage en tout en ajoutant le taxi à l’arrivée qui rame dans les méga embouteillages de Varanasi, sans compter que le pauvre se fait archi contrôler à un barrage de police. En finale, l’hôtesse nous a annoncé : « Bla bla… ceintures… bla bla… 36 ° Celsius bla bla… » 36°, j’ai cru avoir mal entendu mais Marina a confirmé… Oui, c’était ça, la chaleur nous a tombé sur le râble dès la sortie de l’aéroport… Fini les godasses et les jeans ! Tongs et bermudas obligatoires…
Nous filons acheter des couvre-lits en soie, très chers mais très beaux. Nous sommes dissuadés par le patron d’essayer de faire couper une veste pour Mad ici, HOLI est dans deux jours, la fête où les indiens s’aspergent de couleurs, et les tailleurs sont tous mobilisés pour coudre des costumes… Nous verrons à Delhi. Du coup nous partons demain pour Agra.

Mardi 26 Mars, Ganpati Guest House, Varanasi.
En attendant l’heure du train vers Agra
Ces belles tâches (visibles dans le carnet) ont été faites avec les colorants dilués dans de la flotte que les Indiens vont s’envoyer sur la tronche pendant toute la fête de ''Holi'', demain, je crois lr paroxysme, ça produit des tâches extrêmement tenaces, même pas la peine d’essayer de laver les fringues atteintes, mieux vaut prévoir le coup et porter des vieilleries jetables…
Il fait trop chaud pour traîner sur les Ghats, il est Midi et le train n’est qu’à 18 h 30, en attendant poireautage… Marina est sur Internet, of course…C’est marrant les nouveaux autistes. Le nombre de gens que je vois en train de ''communiquer'' sur Internet avec leurs relations jusqu’à en oublier les potes avec lesquels ils voyagent (les Coréens juste à coté, grignotant des concombres machinalement), oubliant aussi de bouffer le repas qu’ils ont commandé (une australienne juste avant), tous en train d’échanger des trucs probablement tellement importants… Ils parlent jamais qu’à leur boite, pas aux gens autour… Étrange… Mais si courant, dorénavant…

[Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi] [Ganpati Guest House, Varanasi]

Mercredi 27 Mars, Tourist Rest Home, Agra.
En attendant 13 h 40… Pourquoi cette heure-là ? Le patron de l’hôtel nous a dit que les projections de couleurs de Holi s’arrêtent pile à ce moment. Après y’en aurait plus ! Quelle discipline ! Il nous a prévenus que souvent, au lieu de flotte dans les pistolets, ''Ils'' mettent de …. l’acide, pour que les tâches soient encore plus tenaces ! Légende urbaine indienne ? Aucune envie d'aller vérifier. Décidément, le nombre d’horreurs sur AGRA qu’on a lues ou qu’on nous a dites. Les flics dans le train nous ont fait signer un papier comme quoi on avait bien lu le ''warning'' qu’ils nous ont filé, risques de se faire empoisonner par des filous associés à des médecins véreux. La même histoire avec variante restaurant dans le Guide du Routard… Déjà à l’époque de ma premiere visite, Bob, notre Guide à tous, m’avait dit que Agra craignait, arnaques diverses toujours et partout. On apprend qu'une touriste a du sauter par la fenêtre de son hôtel pour échapper à des violeurs, elle s'est pété les guibolles, la pauvre. S’ils pouvaient transporter le Taj Mahal ailleurs… En tous cas, jusqu’ici c’est le record des poubelles. La rivière (sacrée) Yamuna est juste un dépotoir, les rues croulent sous les bordilles rien que le tas en face de l’entrée de l’hôtel (impec l’hôtel) est remarquable… Ceci dit pour l’hôtel, il faut pas monter sur la plus haute terrasse qui sert de dépôt de décombres, meubles pétés et bouteilles plastiques vides…

Agra.
Le Taj toujours aussi beau, le flash, Marina n’en croit pas ses yeux. Bien sûr les Indiens jettent leur bouteille de flotte vide par-dessus les parapets qui surplombent la rivière, elle-même parfaitement noire et puant l’égout…Dans le ciel, plein de rapaces, de cigognes…Des perruches vertes virevoltent entre les arbres, font un raffut du tonnerre…Des écureuils se courent après, presque entre les jambes des touristes… Après nous visitons Fathepur Sikri, une capitale d’Akbar, le premier grand Mogol ! Il a fait construire tout ça en 10 ans et l’a désertée même pas finie…C’est les Anglais qui l’ont ''réveillée'' en la redécouvrant au 19° siècle…C’est immense, une petite ville indienne s’est même créée au milieu des ruines mineures au pied des palais et c’est vraiment beau…
Sinon AGRA peut se classer dans le peloton de tête des villes les plus crades, ils brûlent des tas de poubelles, mais des vraies décharges, au centre de la ville, à ciel ouvert (quand ils font l’effort de les brûler, sinon ils entassent) ! Inutile de préciser que tous les cours d’eaux, y compris la Yamuna, rivière pourtant sacrée et sacrément dégueulasse, sont toutes noires, puantes, immondes…
Le soir, découverte d’un snack-fast food en plein air, avec toute la bouffe indienne faite devant toi, des tandoori chicken, des brochettes de mouton, des curries, des chapatis virevoltent au bout de doigts experts avant de tomber pile sur la pierre chaude où ils cuisent en 30 secondes ! Superbe et super bon ! Un régal ! Un rêve Marinien !

[Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra] [Agra]

Fin Mars, Anoop Guest House, Delhi.
Voilà ça se finit…
Nous trouvons (difficilement) un tailleur pour couper une veste pour Mad avec la soie sauvage achetée à Varanasi. Nous trouvons un des fameux couvre-lits pour Gizoo. Hélas, la boutique n’en vend pas mais le tenant sait où en trouver, seulement pour toucher sa com’, il nous les montre au compte-gouttes, refusant de nous dire où nous pourrions en voir plus. Nous en achetons quand même un, trop cher (beaucoup trop), c’est sûr ! Mais avec un modèle, on va pouvoir essayer d’en trouver d’autres…Nous mangeons des curries et des lassis délicieux dans les bouis-bouis, si nous choppons une cagagne, nous la soignerons en France, tant pis. Marina se bagarre sur Internet pour remplir des formulaires de demande de bourse universitaire, elle a découvert que la dead-line c’est… après-demain !...
Nous avons évidemment trouvé d'autres couvres-lits en question à Janpath, un marché prés de Connaught Place, bien plus beaux et bien moins cher, je sentais bien comme une gène vers l'anus...Il fait même pas BO, de petites averses rendent les rues boueuses, Beurk…

[Anoop Guest House, Delhi] [Anoop Guest House, Delhi]

Lundi 1 Avril, aéroport de Roissy.
La bonne blague : nous avons voyagé séparés dans un avion plein à craquer et c’était long ! Moi qui me faisait une joie de me payer une fenêtre histoire de voir défiler les montagnes Afghanes…J’étais assis au milieu d’un voyage organisé d’un club du 3° âge français. Marina entre un poivrot (Français) et une râleuse (Française itou) avec 30 rangs de sièges entre nous deux…Maintenant nous poireautons à Roissy pour l’avion de Marina déjà annoncé avec du retard…Les retours de voyage…On devrait jamais rentrer…

Mardi 2 Avril, Paris en gare de Lyon, 8h du mat'.
Le train part pas, une alerte Radio, quessquesséssa ? Va savoir…
La cerise sur le gâteau d’une soirée de merde… Une fois Marina partie, je suis allé imprimer mon billet de train à la gare TGV de Roissy… pour découvrir, j’avais oublié, qu'il partait en fait de la Gare de Lyon à 7 h 37 du mat’. Pas possible de changer, la gentille hôtesse me propose de me réserver un hôtel à Paris, proche de la gare. Le prix me fait hésiter (105 € la nuit) mais je ne vais pas poireauter toute la nuit, il va geler… OK, c’est parti. Sauf que va-t’en demander ton chemin à Paris… Les pauvres sont tous étrangers et ne connaissent pas le quartier où ils vivent, les vrais parisiens, garçons de café, se font un malin plaisir de t’indiquer n’importe quoi. Et je marche, sac (lourd) en bandoulière à 11 h du soir. L’hôtel IBIS est … RIEN. Tellement standard, pas une touche sympa malgré le prix… Quand je pense à ce qu’on pourrait avoir à ce tarif, là-bas… 100 €, 4 jours de séjour complet à 2, au GANPATI, à VARANASI…
Des SDF dorment tout autour de la gare, bonjour l’ambiance…Quel pays de nazes quand même… Ça y est, nous roulons enfin, la banlieue parisienne défile, un peu moins crade que Delhi mais bien aussi moche…Et ce train ! Certes, nous fonçons déjà 3 fois plus vite qu’un train Indien mais tout un voyage sans un vendeur de thé, de samosa, de bananes, de flotte fraîche !... Et aucun singe ne batifolera dans les gares… Aucun intérêt… Tiens en retard cumulé, nous allons atteindre un joli 40 mn, autant qu’un train indien. En +, cette saloperie de TGV arrive pas à la gare… TGV mais au centre d'Avignon…Tout pour vous pourrir la vie ! J’espère que ce sont des malins du club qui viennent me chercher, qu’ils ont remarqué le problème, sinon ça va être compliqué…

Jorge, Avril 2013.